Rupture conventionnelle FEHAP : calcul de votre indemnité 2026
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La rupture conventionnelle est un mode de rupture amiable du contrat de travail à durée indéterminée (CDI), encadré par les articles L1237-11 à L1237-16 du Code du travail. Elle permet au salarié et à l'employeur de convenir ensemble des conditions de la fin du contrat, sans avoir à justifier d'un motif particulier. Dans le secteur hospitalier privé non lucratif, ce dispositif est de plus en plus courant, porté par les difficultés de recrutement et les évolutions de carrière des soignants.
La convention collective FEHAP (IDCC 0029), officiellement intitulée « Établissements privés d'hospitalisation, de soins, de cure et de garde à but non lucratif », couvre les salariés des hôpitaux privés associatifs, des cliniques à but non lucratif, des EHPAD, des établissements de rééducation fonctionnelle et des centres de soins. Infirmiers, aides-soignants, agents de service hospitalier, cadres de santé, personnels administratifs et techniciens : plus de 300 000 salariés sont concernés par cette convention.
Pour les professionnels de santé sous convention FEHAP, la rupture conventionnelle offre une voie de sortie structurée. Le secteur hospitalier privé non lucratif est confronté à un turnover important, notamment parmi le personnel soignant. Les conditions de travail exigeantes (gardes, travail de nuit, charge émotionnelle) poussent de nombreux salariés à envisager une reconversion ou un changement d'établissement. La rupture conventionnelle leur permet de quitter leur poste tout en conservant le droit aux allocations chômage (ARE).
Calcul de l'indemnité de rupture conventionnelle FEHAP
L'indemnité de rupture conventionnelle dans les établissements couverts par la convention FEHAP ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement prévue par le Code du travail. La convention FEHAP ne prévoit pas de formule de calcul spécifique plus favorable que le minimum légal pour le calcul de l'indemnité de rupture. C'est donc le calcul légal qui s'applique comme plancher.
La formule légale de calcul
Le Code du travail fixe l'indemnité légale de licenciement à :
- 1/4 de mois de salaire brut par année d'ancienneté pour les 10 premières années
- 1/3 de mois de salaire brut par année d'ancienneté au-delà de 10 ans
Le salaire de référence retenu est le plus favorable entre la moyenne des 12 derniers mois et la moyenne des 3 derniers mois (incluant les primes proratisées, notamment la prime décentralisée et les majorations pour travail de nuit ou du dimanche intégrées de façon récurrente).
Exemple 1 : infirmière avec 7 ans d'ancienneté
Prenons le cas de Sophie, infirmière diplômée d'État avec un salaire brut mensuel de 2 800 € (incluant ses majorations habituelles) et 7 ans d'ancienneté dans un hôpital privé associatif à Bordeaux.
Calcul légal :
- 7 ans × 1/4 de mois = 1,75 mois de salaire
- Indemnité légale = 2 800 € × 1,75 = 4 900 €
Sophie percevra au minimum 4 900 € brut. Compte tenu de la pénurie d'infirmières et de la difficulté à la remplacer, elle pourrait négocier entre 7 000 € et 10 000 € selon le contexte et l'urgence de recrutement de l'établissement.
Exemple 2 : cadre administratif avec 12 ans d'ancienneté
Prenons le cas de Philippe, responsable des ressources humaines avec un salaire brut mensuel de 3 500 € et 12 ans d'ancienneté dans un EHPAD associatif à Nantes.
Calcul légal :
- 10 premières années : 10 × 1/4 × 3 500 € = 8 750 €
- 2 années suivantes : 2 × 1/3 × 3 500 € = 2 333 €
- Indemnité légale = 8 750 € + 2 333 € = 11 083 €
Philippe percevra au minimum 11 083 € brut. Avec ses compétences en gestion du personnel, particulièrement précieuses dans un secteur en tension, il pourrait viser entre 15 000 € et 20 000 € en négociation.
Spécificités de la convention FEHAP
La convention FEHAP présente plusieurs particularités qui influencent directement la négociation d'une rupture conventionnelle :
La reprise d'ancienneté
La convention FEHAP prévoit un mécanisme de reprise d'ancienneté à l'embauche pour les professionnels de santé. Les années d'expérience dans un poste similaire dans un autre établissement peuvent être partiellement ou totalement reprises. Cette ancienneté reprise doit être intégrée dans le calcul de l'indemnité de rupture conventionnelle. Vérifiez votre contrat de travail et vos bulletins de paie pour confirmer le nombre d'années reprises : c'est souvent un point sous-évalué par les salariés.
La prime décentralisée
La convention FEHAP prévoit une prime décentralisée, généralement fixée à 5 % du salaire brut annuel, versée selon des modalités propres à chaque établissement (mensuelle, trimestrielle ou annuelle). Cette prime fait partie intégrante de la rémunération et doit être incluse dans le salaire de référence pour le calcul de l'indemnité. Si elle est versée annuellement, n'oubliez pas de la proratiser dans le calcul des 3 ou 12 derniers mois.
Le travail de nuit et du dimanche
Les soignants sous convention FEHAP perçoivent des majorations pour le travail de nuit, du dimanche et des jours fériés. Si ces majorations sont régulières et font partie de votre rythme de travail habituel, elles doivent être intégrées dans le salaire de référence. Un salarié travaillant systématiquement de nuit a un salaire de référence plus élevé qu'il n'y paraît à première vue. Vérifiez que l'employeur n'a pas retenu uniquement le salaire de base hors majorations.
Le reclassement du salarié protégé
Si vous êtes représentant du personnel (élu CSE, délégué syndical), la rupture conventionnelle est soumise à une procédure particulière : elle nécessite l'autorisation de l'inspection du travail, en plus de l'homologation par la DREETS. Cette protection s'applique pendant toute la durée du mandat et durant les 6 mois suivant sa fin. Le délai de procédure est donc plus long et la négociation peut être plus complexe.
La formation continue et le DPC
Les professionnels de santé sous convention FEHAP sont soumis à l'obligation de Développement Professionnel Continu (DPC). Si vous n'avez pas pu suivre vos formations obligatoires par manque de temps ou de moyens, c'est un argument de négociation. Vous pouvez demander que l'employeur finance une formation qualifiante avant votre départ, ou négocier un complément d'indemnité pour compenser le retard de formation subi.
Procédure pas à pas de la rupture conventionnelle FEHAP
La procédure de rupture conventionnelle est identique quelle que soit la convention collective. Voici les 6 étapes clés pour un salarié sous convention FEHAP :
- Préparation de la demande : Rassemblez vos bulletins de paie des 12 derniers mois en vérifiant l'intégration de la prime décentralisée, des majorations de nuit et du dimanche. Calculez votre ancienneté en incluant la reprise d'ancienneté éventuelle. Utilisez notre simulateur pour estimer votre indemnité minimale et identifiez vos leviers de négociation.
- Entretien(s) préalable(s) : La loi impose au moins un entretien entre le salarié et l'employeur. Vous pouvez vous faire assister par un représentant du personnel ou, en l'absence de représentants dans l'établissement, par un conseiller extérieur inscrit sur la liste de la DREETS. Dans le milieu hospitalier, faites attention à la confidentialité de votre démarche vis-à-vis de vos collègues.
- Négociation des termes : Discutez du montant de l'indemnité, de la date de fin de contrat et de la formation éventuelle avant le départ. Pour les soignants, proposez un délai raisonnable pour assurer la transmission des dossiers patients et la continuité des soins, ce qui montrera votre professionnalisme et pourra faciliter la négociation.
- Signature du formulaire CERFA : Une fois l'accord trouvé, les deux parties signent le formulaire CERFA n° 14598*01 (ou via TéléRC en ligne). La date de rupture doit être postérieure à la fin du délai de rétractation et du délai d'homologation.
- Délai de rétractation de 15 jours calendaires : À compter du lendemain de la signature, chacune des parties dispose de 15 jours calendaires pour se rétracter sans motiver sa décision. La rétractation s'exerce par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre contre décharge.
- Homologation par la DREETS : À l'issue du délai de rétractation, la demande d'homologation est adressée à la DREETS. L'administration dispose de 15 jours ouvrables pour se prononcer. L'absence de réponse dans ce délai vaut homologation. Pour les salariés protégés, l'autorisation de l'inspection du travail est requise en supplément.
Délais et homologation
Comprendre les délais est essentiel pour planifier votre départ. Voici le calendrier type d'une rupture conventionnelle :
- Jour J : Signature du formulaire CERFA par les deux parties.
- J+1 à J+15 : Délai de rétractation de 15 jours calendaires. Si le 15e jour tombe un samedi, dimanche ou jour férié, le délai est prolongé jusqu'au premier jour ouvrable suivant.
- J+16 : Envoi de la demande d'homologation à la DREETS (via TéléRC de préférence).
- J+16 à J+31 : Délai d'instruction de 15 jours ouvrables par la DREETS. L'administration vérifie le libre consentement des parties et le respect de l'indemnité minimale.
- J+31 (au plus tôt) : Date de rupture effective du contrat. Le salarié reçoit ses documents de fin de contrat (certificat de travail, attestation France Travail, solde de tout compte).
Point important : En pratique, comptez un délai minimum de 5 à 6 semaines entre la signature du CERFA et la date effective de fin de contrat. Dans le milieu hospitalier, il est fréquent de convenir d'une date de départ un peu plus éloignée pour permettre le recrutement d'un remplaçant, ce qui peut être utilisé comme levier pour obtenir une indemnité supérieure.
Le refus d'homologation par la DREETS est rare (environ 5 % des cas) et porte généralement sur un montant d'indemnité inférieur au minimum légal ou sur une irrégularité de procédure. Un refus n'empêche pas de recommencer la procédure.
Questions fréquentes sur la rupture conventionnelle FEHAP
Ma reprise d'ancienneté est-elle prise en compte dans le calcul de l'indemnité ?
Oui, si votre contrat de travail prévoit une reprise d'ancienneté (partielle ou totale), cette ancienneté reprise est intégrée dans le calcul de l'indemnité de rupture conventionnelle. Par exemple, si vous avez 5 ans d'ancienneté effective dans l'établissement et 3 ans d'ancienneté reprise, votre ancienneté totale pour le calcul est de 8 ans. Vérifiez votre contrat d'embauche et vos bulletins de paie pour confirmer le nombre d'années reprises.
La rupture conventionnelle FEHAP donne-t-elle droit au chômage ?
Oui, la rupture conventionnelle ouvre systématiquement droit aux allocations d'aide au retour à l'emploi (ARE) versées par France Travail. C'est un avantage considérable pour les soignants en reconversion. Le montant de l'ARE est calculé sur la base de vos 24 derniers mois de salaire (ou 36 mois pour les plus de 53 ans), incluant les majorations de nuit et de dimanche perçues régulièrement. Attention au délai de carence qui dépend du montant de l'indemnité supra-légale.
La prime décentralisée entre-t-elle dans le salaire de référence ?
Oui, la prime décentralisée fait partie intégrante de votre rémunération contractuelle et doit être incluse dans le calcul du salaire de référence. Si elle est versée annuellement, elle doit être proratisée sur 12 mois pour le calcul de la moyenne mensuelle. Cette prime représente généralement 5 % de votre salaire brut annuel et peut donc avoir un impact significatif sur le montant de votre indemnité.
Puis-je continuer à exercer dans un autre établissement après ma rupture conventionnelle ?
Oui, sauf si votre contrat contient une clause de non-concurrence (ce qui est rare sous la convention FEHAP pour le personnel soignant). Les diplômes d'État (IDE, AS) vous autorisent à exercer dans tout établissement de santé. Vos qualifications et autorisations d'exercice vous sont personnelles et ne sont pas affectées par la rupture conventionnelle. Vous pouvez reprendre un poste dans un autre hôpital, une clinique, un EHPAD ou vous installer en libéral dès la fin de votre contrat.
Mon employeur peut-il refuser la rupture conventionnelle en invoquant le manque de personnel ?
L'employeur peut invoquer n'importe quel motif pour refuser une rupture conventionnelle, y compris les difficultés de recrutement. Cependant, un refus systématique peut être contourné. Proposez un délai de départ raisonnable pour permettre le recrutement, suggérez de participer à la formation de votre remplaçant, ou évoquez les risques liés à un salarié démotivé sur des fonctions de soins. Si le refus persiste, vous pouvez aussi envisager une démission avec projet de reconversion ou un abandon de poste, bien que ces options soient moins favorables.
Erreurs à éviter lors d'une rupture conventionnelle FEHAP
La rupture conventionnelle est un processus de négociation. Pour maximiser votre indemnité et protéger vos droits, évitez ces erreurs courantes :
- Accepter la première offre sans négocier : Les établissements hospitaliers proposent systématiquement le minimum légal. Or, la pénurie de personnel soignant vous donne un réel pouvoir de négociation. Les infirmières et aides-soignantes qui négocient obtiennent en moyenne 30 à 80 % de plus que le minimum. Valorisez votre expérience, vos spécialisations et la difficulté à vous remplacer.
- Oublier la reprise d'ancienneté : Beaucoup de salariés FEHAP ignorent que leur ancienneté reprise à l'embauche compte dans le calcul de l'indemnité. Relisez votre contrat de travail et vos premiers bulletins de paie pour vérifier si des années d'expérience antérieures ont été reprises. Cela peut augmenter significativement votre indemnité.
- Sous-évaluer son salaire de référence : Ne vous limitez pas au salaire de base. Intégrez la prime décentralisée, les majorations de nuit, du dimanche et des jours fériés, les heures supplémentaires régulières et tout complément de rémunération habituel. Un calcul complet peut augmenter votre salaire de référence de 10 à 20 %.
- Démissionner sous le coup de l'épuisement : L'épuisement professionnel est fréquent dans le secteur hospitalier. Si vous êtes en souffrance au travail, consultez la médecine du travail avant de prendre une décision irréversible. La rupture conventionnelle est toujours préférable à une démission, car elle préserve vos droits au chômage et vous accorde une indemnité.
- Ne pas anticiper la portabilité de la mutuelle : La convention FEHAP prévoit une couverture complémentaire santé. Après votre départ, vous bénéficiez de la portabilité de votre mutuelle pendant une durée maximale de 12 mois, à condition d'être inscrit à France Travail. Vérifiez les conditions de maintien de vos garanties et anticipez le coût d'une complémentaire individuelle si nécessaire.
- Négliger le timing de la rupture : Dans le secteur hospitalier, le versement de la prime décentralisée suit un calendrier propre à chaque établissement. Vérifiez quand votre prime sera acquise et calculez la date de rupture optimale. Quelques semaines de patience peuvent vous faire gagner un mois de prime, soit plusieurs centaines d'euros supplémentaires.
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